<IMG> De l'antiquité de la lettrine
 
<IMG> Du décor antique au livre imprimé
 
 
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Créatures fantastiques mi-homme mi-animal...
 
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... rinceaux habités...
 
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... personnages et animaux fantastiques, dont le corps se fait rinceau...
 
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... candélabres ...
 
 
<IMG> Appartenant au vocabulaire décoratif de la Renaissance, ces motifs n'en remontent pas moins à l'Antiquité. Tout en les stigmatisant pour leur invraisemblance, incompatible avec l'idée qu'il se fait de la peinture, Vitruve nous en donne une description des plus détaillées :
 
Et qu'il soit vray, en lieu de colonnes on fera des roseaux : et pour des frontispices, aucunes harpyes, dont les queues déclineront en floccars à costes, revestues de feuilles crespelees, et de volutes garnyes de rosaces où y aura des candélabres supportans des desseingz de petiz edifices, du comble desquelz sortiront quelzques rainseaux de feuillage, delicatz et fort esgayez, qui porteront des figures de petiz enfans assiz ou faisanz plusieurs divers actes : mesmes des tiges d'icelles feuilles procederont d'autres bouillons de fleurs desquelles partira certainez moytiez d'animaux estranges à faces humaines, ou de bestes brutes à la fantaisie du paintre, choses qui ne furent oncques en nature, voire qui ne sont et ne sauroient estre.1
 
 
 
<IMG> À Rome, les fouilles archéologiques qui se développent avec l'humanisme au XVe siècle remettent au jour la Domus aurea, palais de l'empereur Néron. Miraculeusement préservée, la demeure offre aux visiteurs, artistes en tête, ses décors pleins de fantaisie. L'engouement pour ces motifs est soutenu par le développement de la gravure, qui les diffuse largement en recueils. En France, les artistes italiens introduisent ce vocabulaire antique dans le décor qu'ils créent à Fontainebleau pour François Ier. Mais c'est Jacques Androuet du Cerceau qui, en publiant en 1562 un recueil des grandes grotesques, les répand largement. Les arts décoratifs en sont profondément influencés : tapisserie, orfèvrerie, céramique, menuiserie ... et arts du livre, reliure comme lettrines et bandeaux.
 
<IMG> Grottesques et grotesques
 
Les grotesques sont une catégorie de peinture libre et cocasse inventée dans l'Antiquité pour orner des surfaces murales où seules des formes en suspension dans l'air pouvaient trouver place. Les artistes y représentaient des difformités monstrueuses créées du caprice de la nature ou de la fantaisie extravagante d'artiste : ils inventaient ces formes en dehors de toute règle, suspendaient à un fil très fin un poids qu'il ne pouvait supporter, transformaient les pattes d'un cheval en feuillage, les jambes d'un homme en pattes de grue et peignaient ainsi une foule d'espiègleries et d'extravagances. Celui qui avait le plus d'imagination passait pour le plus doué.2
 
 
<IMG> Découverts dans un palais enseveli dont les pièces semblaient des grottes aux visiteurs, ces motifs antiques ont d'abord été appelés «grottesques». Mais au cours du XVe siècle, le «grottesque» devient «grotesque», le langage traduisant une évolution stylistique. Sous l'incluence des motifs en vogue dans le nord de l'Europe, ces motifs se chargent alors d'une dimension comique voire ridicule.
 
 
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Dans de très classiques rinceaux,
des créatures proches de l'univers de J. Bosch
 
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<IMG> Lettrines imprimées de la Renaissance
 
<IMG> Le manuscrit médiéval était déjà de longue date familier de ces motifs de rinceaux habités où hommes, animaux et créatures fantastiques se cotoyaient. Le livre imprimé a donc repris facilement ces motifs antiques diffusés par la gravure. Bandeaux, culs de lampe et lettrines, gagnés par cette mode dans le dernier tiers du XVIe siecle ont à leur tour contribué à leur diffusion.
 
 
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Dans la droite ligne des lettrines peintes,
la figure du saint associée à l'initiale de son nom : ici saint Nicolas.
 
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Transposition du motif traditionnel du saint écrivant dans le vocabulaire décoratif de la renaissance, Daniel ou saint Marc, entouré de rinceaux.
 
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L'ancienne figure biblique s'est muée en une créature ailée, penchée sur son livre et entourée de feuillage.
 
 
 
<IMG> Liens :
 
Vitruve,L'architecture ou l'art de bien bastir
chass.utoronto.ca/~wulfric/vitruve/vit_titre.htm
Grotesques sur le site du musée des arts décoratifs
www.ucad.fr/ucad/moyenage/grottesques
Grotesques
http://www.meublepeint.com/grotesque.htm
 

1 Vitruve, L'architecture ou l'art de bien bastir, Paris, Jacques Gazeau, 1547.
2 Giorgio Vasari, De la peinture